Anton VASSIL

 

Face à Ben Laden

La destruction du World Trade Center n'aurait du surprendre personne. Depuis la guerre du Golfe, la politique étrangère des Etats-Unis au Moyen Orient est passée de fiasco en fiasco. Faisons une liste du bilan des dix dernières années:

1) Embargo économique sur l'Irak dont l'effet le plus dévastateur ne fut pas une remise en question du pouvoir de Bagdad mais la privation systématique d'une population civile. L'exemple flagrant des bébés mourant dans les Hôpitaux de Bagdad suite a l'embargo est une aberration de cette politique irréfléchie dont le seul résulta fut une montée de haine contre l'Amérique et l'occident.

2) Pendant la première Guerre du Golfe, alors que l'on diabolisait Saddam Hussein et que l'on encourageait les résistants de l'Irak à sortir se rebeller contre le régime de Hussein, RIEN ne fut fait pour leur venir en aide à la fin de la guerre. Lorsque ceux-ci furent systématiquement massacrés par ce qui resta de l'armée Irakienne, personne ne protesta. Cette honte fut couronnée par l'abandon des Kurdes Irakiens à leur sort. Ceci manqua de dégénérer en génocide commis impunément par la Garde Républicaine de Saddam Hussein.

3) Frustré par le maintien du pouvoir de Saddam Hussein, l'Amérique poursuivra pendant dix ans des frappes aériennes. La destruction d'une usine pharmaceutique au Soudan fut sans doute le meilleur exemple de la nature souvent sommaire des cibles choisies, nostalgie macabre les succès d'une guerre du Golfe à demi achevée.

4) Mais le plus grand fiasco de la politique Américaine au Moyen Orient reste le soutien continu plus ou moins inconditionnel de la politique Israélienne. Les pays arabes ayant tous reconnu le statu d'Israël, la notion de guerre contre Israël est révolue (ou en tout cas devrait l'être). Mais 30 ans après la dernière guerre arabo-Israélienne les Palestiniens restent un peuple soumis à une loi martiale permanente sans citoyenneté.

Toutefois Israël poursuit ses chimères à vouloir réprimer le peuple Palestinien pour agression terroriste contre elle et d'y trouver un justificatif pour éviter toute négociation. Ce triste bilan masque une politique Israélienne expansionniste (Plus de 400 Colonies en Cisjordanie et Gaza, et 20 nouvelles colonies sous le gouvernement de Sharon) et d'un peuple Palestinien soumis à une armée intransigeante représentant les intérêts des colons. Cette politique Israélienne reste le point de ralliement de toutes les revendications extrémistes.

Effectivement, les revendications des "Ben Ladens" anti-occident n'ont aucune légitimé. Mais tant que des Sharons pratiqueront une politique irresponsable, les Ben Ladens du monde entier pourront s'appuyer sur ce dossier pour rallier toutes les souches populaires arabes autour de la cause Palestinienne.

Ainsi, la guerre n'est plus une question de choix. Pour l'éviter on aurait du mettre fin à la Politique Israélienne de colonisation bien plus tôt et en même temps tenir un discours beaucoup plus ferme face aux revendications radicales musulmanes. On a laissé faire les deux, et aujourd'hui il s'agirait de sauver les meubles. L'intervention militaire est donc devenue incontournable.

Aujourd'hui il ne s'agit plus de savoir si Ben Laden sera neutralisé (il le sera), mais de prévoir une manière de mettre fin à la politique de Sharon une fois les Talibans vaincus. Il faut se rendre à l'évidence, personne ne pourra arrêter les revendications terroristes tant que la politique Israélienne continuera sur les termes actuels. La politique Américaine doit cesser d'être prise en otage par les lobbies. Les souffrances passées du peuple Juif doivent être reconnues par tous, mais elles ne peuvent servir à excuser la politique de Sharon.

Extraits de l'article "FACE A BEN LADEN"
de Anton Vassil.