- L'opération
armée de Bush en Iraq constitue la plus grande erreur
stratégique et militaire de l'histoire contemporaine.
Si les aspects positifs d'une élimination d'un régime
dictatorial sont souvent mis en avant, ils s'éclipsent
totalement devant l'abondance des arguments qui s'opposent à
cette intervention militaire :
-
- 1) Cette opération
est techniquement illégale puisqu'elle ne se fait contre
l'aval des Nations Unis, et plus en dehors de toute résolution
autorisant l'action militaire.
-
- 2) Cette opération
est antidémocratique puisqu'elle se déroule en
désaccord flagrant avec une moyenne générale
de 80% de l'opinion publique du monde. Cette statistique est
applicable à tous les pays (à l'exception des Etats
Unis, la Grande Bretagne et Israël) , même ceux dont
les dirigeants se sont rangés (pour des raisons économiques)
du coté de George Bush.
-
- 3) Cette opération
est immorale, ayant été dénoncé fermement
par la grande majorité des organisations religieuses du
monde, en commençant avec le Vatican, toutes les organisations
musulmanes, la majorité des églises protestantes.
Elle se situe également en dehors des chartes des Nations
Unis n'autorisant l'usage de la force qu'en cas de légitime
défense. Ainsi selon Kofi Annane, l'opération est
une guerre d'agression illégale en violation des critères
de règles internationales.
-
- 4) Cette opération
est fondée sur une base idéologique floue. Là
où George Bush disait combattre le terrorisme et l'islamisme,
aucune indication de lien entre les groupes Al Quaida et Saddam
Hussein n'existe. Pire, l'Iraq, malgré sa dictature, reste
le pays le plus laïc du Moyen Orient, et son dirigeant a
été le plus fidèle allié de l'occident
pour s'opposer à l'islamisation de la région. La
guerre contre l'Iran se fit avec les encouragements et le soutien
des Etats Unis pour combattre le régime islamiste de Khomeini.
De plus, la haine de Saddam envers l'Arabie Saoudite rend d'autant
plus invraisemblable l'hypothèse de lien entre l'Iraq
et des réseaux Saoudiens de type Ben Laden de terrorisme
islamique.
-
- 5) Cette opération
est fondée sur la théorie selon laquelle l'Iraq
représenterait un danger pour le monde à cause
de ses armes dites "de destruction massive". Ceci pose
le problème de motivation de l'Iraq. Quel intérêt
y aurait-il pour un pays pétrolier comme l'Iraq d'agresser
les pays qui sont ses clients pétroliers ? Combien de
fois l'Iraq a été un agresseur contre l'occident
? Réponse : jamais ! Il a même été
un de ses plus grands alliés lors de la guerre contre
l'Iran islamiste. Certes l'Iraq a envahi le Koweït, mais
cette dispute entre dirigeants arabes ne constituait certainement
pas une agression contre l'occident. Au-delà, l'Iraq n'a
jamais agressé un autre pays sauf Israël dans des
conditions bien particulières et avec des moyens très
modestes. En effet ; Saddam envoya quelques Scuds sur Israël
pendant la guerre du Golfe. Dans la mesure ou cette attaque sporadique
se fit en plein milieu d'une guerre et qu'Israël c'était
rallié du coté de la coalition, on ne peut que
situer cette attaque dans le cadre d'une tactique militaire stratégique,
mais elle ne s'inscrit pas dans une volonté de mener une
guerre contre l'occident.
-
- 6) En ce qui concerne
le programme chimique ou bactériologique; au-delà
de l'embargo économique et le survol quasi permanent de
l'Iraq depuis 12 ans rendant tout programme d'envergure quasi
impossible, il faut revenir aux faits: Pour ce qui est des armes
chimiques ou bactériologiques, toutes ses armes furent
vendues à l'Iraq par les pays occidentaux. Pendant la
guerre contre l'Iran et à l'époque ou le gazage
de population iraqienne et iranienne eu lieu, aucun pays occidental
n'affirmait la moindre protestation. A présent, 12 ans
plus tard, on revient sur ce sujet avec une hypocrisie inédite.
Sous Thatcher, et avec le soutien officiel du gouvernement britannique,
une usine d'armes chimiques fut construite en Iraq et dénoncée
récemment comme une violation par Tony Blair. Pour le
reste, la première affirmation de Bush, selon laquelle
il y aurait un programme de développement d'armes nucléaires
en Iraq, a été formellement démentie par
les inspecteurs.
-
- 7) Cette opération
et d'autant plus un fiasco, qu'elle se situe à une époque
ou l'injustice d'une politique de répression de l'extrême
droite israélienne envers les Palestiniens se présente
comme le grand dossier du Moyen Orient. Le lien fait par les
populations arabes entre une politique de répression militaire
Israélienne sur la Palestine et une politique d'attaque
militaire Américaine sur l'Iraq était inévitable.
Par conséquent, la maladresse de George Bush est grossière.
Comble de cet exemple de "mauvais timing " quatre jours
après le début des opérations, le film documentaire
" Bowling For Columbine " (film dénonceant la
violence Américaine) gagne l'Oscar du meilleur documentaire.
Pouvait-on imaginer un pire moment pour mener une telle opération
?
-
- 8) Chaque jour qui
passe, l'erreur d'avoir mené cette opération sans
la moindre réflexion approfondie discrédite d'avantage
l'Amérique ceux qui la soutiennent. Les incidents s'accumulent.
Alors que George Bush dénonce le non-respect des conventions
de guerre lorsque apparaissent des prisonniers américains
à la télévision, il oublie que l'Amérique
détient en toute illégalité de prisonniers
depuis presque deux ans en détention provisoires et sans
aucun statu légal en dehors de toute convention. Alors
qu'il dénonce la violation de l'Iraq des résolutions
des Nations Unis, il oublie que sa propre opération est
une violation du conseil de sécurité des Nations
Unis flagrante, et que son plus proche allié dans la région,
Israël, est également en violation des résolutions
des nations Unis depuis des années.
|